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À quand la reprise du tourisme au Vietnam ?

La crise sanitaire qui sévit depuis plus d'un an à l’échelle mondiale n’est pas pour encourager les voyageurs à se projeter et organiser leurs prochaines vacances avec sérénité.
ACTUALISATION AU 11/02/2022
La crise sanitaire qui sévit depuis bientôt deux ans à l’échelle mondiale n’est pas pour encourager les voyageurs à se projeter et organiser leurs prochaines vacances avec sérénité. Si l'Asie et le Vietnam en particulier ont été relativement épargnés jusqu'à présent, les fortes hausses de contaminations enregistrées en juillet dernier et les mesures drastiques prises par le gouverment vietnamien pour endiguer la pandémie ont remis en cause le plan de réouverture des frontières initalement annoncé au printemps dernier, alors que les indicateurs étaient au vert et que la vie semblait avoir repris ses droits. Dans ce contexte, il est toujours difficile de savoir quand il sera à nouveau possible de voyager au Vietnam en toute sécurité. Toutefois la reprise progressive des vols internationaux depuis le mois de janvier est de bon augure.
La situation sanitaire en Asie et au Vietnam
Tandis que l’Europe et les Etats-Unis avaient essuyé une deuxième vague hivernale et s'étaient enlisés dans l’urgence sanitaire, la plupart des pays asiatiques avaient réussi à endiguer la circulation du coronavirus et à limiter ses impacts économiques grâce à une bonne gestion sanitaire. La Chine, d’où il était parti, affichait l’un des bilans humains les plus bas, et avait même enregistré une légère croissance économique, tout comme Taïwan et le Vietnam, alors les grands vainqueurs du combat contre la Covid.
Les clés de la réussite asiatique : des mesures efficaces contre la pandémie
De toutes les nations développées dans le monde, les pays de l’Est asiatique sont ceux qui, jusqu'à présent, avaient le mieux géré la crise de la Covid-19 en dépit de leur population relativement âgée et ce, grâce à la mise en place de mesures rapides et efficaces pour lutter contre la pandémie.
Parmi ces "facteurs clés de succès" :
• Une vive réactivité due aux expériences passées. Grâce aux leçons tirées des précédentes épidémies comme le Sras, qui avait touché le Vietnam en 2003, des plans d’urgence étaient prêts à être mis en œuvre en cas de nouvelles pandémies, comme la géolocalisation et l’isolement des personnes infectées.
• Le traçage rétrospectif pour mieux maîtriser la circulation du virus i.e. remonter à la source de l’infection (chercher à savoir par qui la personne a été contaminée et isoler les "super propagateurs" en priorité) plutôt que de rechercher les contacts contaminés, comme on le fait en France.
• Des décisions aussi rapides que radicales, comme la mise en quarantaine immédiate de la région de Wuhan dès l’apparition des premiers cas, suivie de confinements locaux.
• Des frontières closes dès le début de la pandémie et des quatorzaines strictes imposées à tous les arrivants sur le territoire (dans des hôtels réquisitionnés).
• Des pays aux régimes autoritaires, dont la discipline de fer s’est avérée être un atout majeur pour contrôler l'épidémie, et dans lesquels la culture du masque et des gestes barrières est déjà bien ancrée au sein de la population. En effet, dans de nombreux pays d’Asie, porter un masque dans les lieux et transports publics quand on est malade est déjà un réflexe naturel, tout comme les gestes barrières dans des sociétés où la pudeur et la distanciation physique sont de mise. Des pratiques culturelles qui ont largement contribué à freiner la propagation du virus.
Le Vietnam, rattrapé par la crise de la Covid-19
Grand vainqueur du combat contre la Covid-19 avec la Chine et Taïwan, le Vietnam pouvait alors se targuer d’être l’un des seuls pays de la zone à avoir réussi non seulement à endiguer en un temps record la deuxième vague de contaminations, mais aussi à préserver sa croissance. Avec une épidémie maîtrisée et une économie dynamique qui continuait à gagner des parts de marché à l’international, Hanoï, sa capitale, faisait ainsi figure d’exemple.
Fin juin 2021, on recensait à peine 90 décès liés au Covid et quelques 21 312 cas de contamination pour un pays de 97 millions d’habitants ; des chiffres bien inférieurs à la plupart des autres pays.
Un bilan exceptionnel obtenu au prix de mesures exceptionnelles
Le Vietnam a en effet rapidement pris des mesures de lutte contre le coronavirus, visant non seulement à stopper l'épidémie à l'intérieur des frontières du pays, mais aussi à empêcher l'entrée de personnes infectées sur le territoire.
La situation était ainsi sous contrôle dans les villes où de nouveaux cas de Covid étaient déclarés. A Ho Chi Minh Ville, par exemple, le Centre de contrôle et de prévention des maladies de la ville était particulièrement vigilant concernant les nouveaux arrivants. Les passagers des vols internationaux étaient testés et mis en quarantaine à leur entrée sur le territoire. Les personnes ayant achevé leur période de quarantaine dans d'autres provinces étaient également étroitement surveillées par les autorités sanitaires locales à leur retour dans la ville.
Un retournement de situation inattendu au début de l'été
Malgré une légère hausse des contaminations au mois de juin, tout portait à croire que la situation était maîtrisée et que la crise sanitaire n'était bientôt plus qu'un mauvais souvenir. C'était sans compter sur les effets des variants Delta et Omicron, et le retard pris dans le programme de vaccination. En 6 mois, la Covid a ainsi causé plus de 30 000 morts au Vietnam, portant à 38 688 le nombre total de décès liés au virus pour plus de 2,4 millions de cas de contaminations.
Devant ces chiffres alarmants, les autorités vietnamiennes ont dû renforcer leur vigilance dans l'ensemble du pays et en particulier dans les grandes villes, plus sévèrement touchées. Pour lutter contre la pandémie, les 8 millions d'habitants de Hanoï ont ainsi reçu l'ordre de se confiner chez eux fin juillet. Dès le 08 septembre, les restrictions de déplacement se sont également renforcées. Un "permis de déplacement" a été exigé pour passer les points de contrôle de la capitale et assurer la stricte mise en œuvre des mesures de distanciation sociale décrétées le 24 juillet pour endiguer la propagation de la pandémie de COVID-19. Des efforts de communication pour que les résidents comprennent ces règlementations ont également été déployés et des sanctions très strictes ont été infligées à l'égard des contrevenants.
Seules les sorties dans les cas "nécessaires" tels que voyages d'affaires, travail dans des entreprises dites essentielles (agences d'État, usines, prestataires de services), achat de nourriture et de médicaments, urgences médicales ou catastrophes naturelles, sont restées autorisées. L'ensemble de la population a en outre été tenue de mettre à jour un formulaire de déclaration de santé via une application dédiée. Les services "non essentiels" et les commerces ont dû fermer, et le port du masque est à nouveau devenu obligatoire dans les lieux publics.
Si sous l'effet de ces mesures la capitale a été relativement épargnée par la Covid, dans le Sud du pays, la situation a continué à s'emballer. À Ho Chi Minh Ville, le système de santé est resté longtemps sous pression, faute de soignants et de ressources pour se procurer les doses de vaccin nécessaires pour ralentir le rythme des contaminations. La situation s'est considérablement améliorée depuis.
À ce jour 184 millions de doses de vaccin contre la COVID-19 ont été administrées dans tout le pays ; 71,9 millions de personnes ont été complètement vaccinées, soit 73,9 % de la population.

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