Usages et règles de politesse au Vietnam : quelques clés pour mieux rencontrer les Vietnamiens
Dernière mise à jour : il y a 5 jours
Voyager au Vietnam, c’est découvrir des paysages, une cuisine, une histoire, mais aussi rencontrer les Vietnamiens.
Et ce sont souvent ces échanges, parfois très simples, qui restent parmi les meilleurs souvenirs d’un voyage.
Un sourire échangé dans un marché, une conversation improvisée, un repas partagé ou une invitation à entrer dans une maison peuvent pourtant faire apparaître des codes différents de ceux auxquels les voyageurs occidentaux sont habitués.
Il ne s’agit pas d’apprendre une longue liste de règles avant de partir. Les Vietnamiens savent parfaitement qu’un voyageur étranger ne maîtrise pas tous leurs usages. Comprendre quelques principes permet néanmoins de mieux interpréter certaines situations et, surtout, de montrer du respect à ceux que l’on rencontre.
Ces quelques repères concernent les usages les plus couramment rencontrés au Vietnam.
Dans un pays qui compte 54 groupes ethniques, les traditions et les codes peuvent naturellement varier selon les régions et les communautés.
Table des matières
La base des règles de politesse au Vietnam : une question de respect et d’attention aux autres
Au Vietnam, la politesse ne passe pas seulement par les mots employés. Le comportement, le ton de la voix, l’âge des personnes présentes ou la manière de réagir à une situation ont également leur importance.
Le respect accordé aux personnes plus âgées est particulièrement présent dans la société vietnamienne. Il se retrouve dans la famille, dans les relations sociales et jusque dans la langue.
Il explique aussi une situation qui peut surprendre lors d’une première rencontre : demander l’âge de quelqu’un n’a pas nécessairement le caractère indiscret qu’aurait cette question en France. Connaître approximativement l’âge de son interlocuteur aide notamment à savoir comment s’adresser à lui.
Les questions sur la famille, le mariage, les enfants ou parfois le travail peuvent également sembler très personnelles. Elles témoignent souvent davantage d’une volonté de situer son interlocuteur et d’établir une relation que d’une curiosité déplacée.
Ces usages ne sont évidemment ni identiques chez tous les Vietnamiens ni figés. Les générations, les milieux et les situations font évoluer les comportements. Mais cette attention portée à la place de chacun reste une clé intéressante pour comprendre les échanges.
« Garder la face » : comprendre une notion essentielle
Une autre clé des relations sociales au Vietnam est ce que l’on traduit généralement par « garder la face ».
L’idée est assez simple : éviter de placer quelqu’un dans une situation où il pourrait se sentir humilié, publiquement désavoué ou mis en difficulté devant les autres.
Une remarque très directe, une critique formulée devant plusieurs personnes ou une colère exprimée bruyamment peuvent ainsi avoir beaucoup plus de poids que prévu.
Cela explique en partie une communication qui peut parfois sembler moins frontale à un Européen. Un désaccord n’est pas nécessairement exprimé de manière catégorique et certaines réponses peuvent être formulées avec précaution afin de ne pas créer de confrontation.
L’ancien cliché selon lequel « les Vietnamiens disent toujours oui » est donc beaucoup trop simplificateur. Il est plus juste de retenir que la manière de dire les choses compte souvent autant que ce qui est dit.
Dans une situation d’incompréhension, rester calme, reformuler et laisser à chacun la possibilité de trouver une solution sans perdre la face est généralement beaucoup plus efficace que hausser le ton.
Comment dire bonjour au Vietnam ?
Le traditionnel Xin chào est la formule de salutation vietnamienne la plus connue des voyageurs et constitue une manière simple de dire bonjour.
Mais la langue vietnamienne révèle rapidement quelque chose de beaucoup plus profond sur la société : on ne s’adresse pas à tout le monde de la même façon.
Les termes employés dépendent notamment de l’âge et de la relation entre les personnes.
Anh peut par exemple être utilisé pour s’adresser à un homme un peu plus âgé, Chị à une femme un peu plus âgée et Em à une personne plus jeune. D’autres termes existent pour les personnes appartenant aux générations des parents ou des grands-parents.
Ce système peut sembler complexe lorsqu’on découvre le pays. Il n’est évidemment pas attendu d’un voyageur qu’il en maîtrise toutes les subtilités. Mais en comprendre le principe permet de saisir combien l’âge, la relation et le respect sont inscrits jusque dans la façon de parler.
Pour saluer physiquement quelqu’un, la sobriété reste la meilleure approche. Une poignée de main peut être tout à fait naturelle selon la situation, tandis qu’un sourire ou un léger signe de tête suffisent dans d’autres circonstances. Les embrassades et la bise à la française ne constituent pas le mode traditionnel de salutation.
Quelques mots de vietnamien qui changent la rencontre
Le vietnamien est une langue tonale et sa prononciation n’est pas toujours évidente pour une oreille française. Quelques mots suffisent pourtant à créer immédiatement un autre rapport.
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Il n’est pas nécessaire de chercher la perfection. L’effort lui-même est généralement apprécié et provoque souvent un sourire.
Un autre mot mérite d’être retenu pour les repas : Ngon, qui signifie « bon » ou « délicieux ». Une façon très simple de faire plaisir lorsqu’un plat vient d’être préparé ou offert.
Et lors d’un moment convivial, une expression risque fort de se faire entendre : Một, hai, ba, dô !
« Un, deux, trois… santé ! » : une formule particulièrement familière lors des repas et soirées partagés.
Être invité chez des Vietnamiens
Entrer dans une maison vietnamienne permet souvent de découvrir une autre facette du pays.
Le premier réflexe consiste à observer ce que font les personnes présentes. Les chaussures sont généralement retirées avant d’entrer dans l’espace de vie ; lorsqu’un doute subsiste, les chaussures laissées près de l’entrée donnent rapidement la réponse.
Beaucoup de maisons vietnamiennes possèdent également un autel consacré aux ancêtres. Il occupe une place importante dans la vie familiale et mérite une attention particulière : ne rien poser dessus, ne pas passer par-dessus un autel situé bas et éviter de gêner l’espace qui lui est consacré.
Lors d’une rencontre familiale, les personnes les plus âgées occupent traditionnellement une place particulière. Les saluer avec attention est une marque de respect, une des règles de politesse importantes.
Une invitation peut aussi s’accompagner de nourriture, de fruits, de thé ou d’alcool de riz. Refuser immédiatement et catégoriquement peut parfois sembler abrupt ; accepter une petite quantité ou décliner avec le sourire permet généralement de trouver naturellement le bon équilibre.
Partager un repas : bien plus que manger
Le repas est un formidable moment d’observation de la vie vietnamienne.
Contrairement au modèle français où chacun commande souvent son plat, les plats sont fréquemment placés au centre de la table et partagés. Chacun dispose de son bol et se sert dans les différents plats.
Lorsqu’un repas se déroule en famille, il n’est pas rare que l’hôte dépose directement un morceau choisi dans le bol d’un invité. Ce geste, qui pourrait surprendre, est une marque d’attention et d’hospitalité.
Quelques usages sont faciles à retenir. Donner ou recevoir quelque chose avec la main droite ou les deux mains est une marque de respect. Et les baguettes ne se plantent jamais verticalement dans un bol de riz : cette disposition évoque les bâtons d’encens associés aux rites funéraires et au culte des ancêtres.
Surtout, le repas vietnamien est un moment collectif. Observer, goûter, partager et suivre simplement le rythme de la table permet généralement d’adopter naturellement les bons gestes.

Dans une pagode ou un temple : observer avant d’agir
Les pagodes, temples et autres lieux de culte sont des espaces vivants. On peut y croiser des visiteurs, mais aussi des personnes venues prier ou déposer des offrandes.
Une tenue respectueuse est attendue : épaules et jambes suffisamment couvertes, chapeau ou casquette retirés dans les espaces de culte.
Les règles concernant les chaussures peuvent varier selon les lieux et les espaces. Là encore, observer les indications et le comportement des personnes présentes reste le meilleur réflexe.
La discrétion est également importante. Les photos ne doivent pas devenir automatiques, notamment lorsqu’une personne prie, participe à un rituel ou se trouve dans un moment privé.
Cette règle vaut d’ailleurs bien au-delà des lieux religieux : demander l’autorisation avant de photographier une personne est une marque de respect simple et universelle.
Les gestes qui peuvent prêter à confusion
La communication passe aussi par les mains et certains gestes n’ont pas exactement la même signification d’une culture à l’autre.
Pointer directement une personne du doigt est à éviter. Toucher la tête de quelqu’un, notamment d’une personne plus âgée, peut également être perçu comme déplacé.
Lorsqu’un objet, un document, de l’argent ou un cadeau est remis à quelqu’un, utiliser la main droite ou les deux mains constitue une marque de considération facile à adopter.
Plus généralement, il est inutile de voyager en essayant de mémoriser un catalogue de gestes interdits. Observer les personnes présentes et adopter une attitude mesurée permet d’éviter naturellement la plupart des maladresses.
Le sourire, probablement le meilleur langage commun
Toutes ces règles pourraient donner l’impression que rencontrer les Vietnamiens demande de maîtriser un protocole compliqué. C’est exactement l’inverse.
La plupart des maladresses d’un voyageur sont comprises comme telles. Un comportement respectueux, de la curiosité, quelques mots de vietnamien et surtout un sourire suffisent souvent à dépasser une différence culturelle ou linguistique.
Et c’est justement lorsque l’on cesse de considérer ces codes comme des contraintes qu’ils deviennent intéressants : ils permettent de mieux comprendre ce qui se joue derrière une conversation, un repas, une invitation ou un simple geste.
Chez So Vietnam Travel, cette dimension fait pleinement partie du voyage. Un guide francophone n’est pas seulement là pour raconter l’histoire d’un monument ou organiser une visite. Il permet aussi de créer du lien, d’expliquer une situation, de traduire ce qui ne se dit pas toujours avec des mots et de faciliter les rencontres.
Car découvrir le Vietnam, c’est aussi apprendre peu à peu à regarder le pays à travers ceux qui y vivent.
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